Le Jeudi … C’est Normandie !
Il y a des coins en Normandie où la visibilité capricieuse rend les sorties rares. C’est ce qui préserve ces endroits, me direz-vous … Et vous aurez raison, les coins les moins claires de France ne sont pas loin d’être les plus riches en bars.
Par conséquent quand une fenêtre météo s’ouvre, il ne faut pas hésiter. Passer outre sa gorge qui gratte et son nez qui coule et foncer pour ne pas avoir de regrets pendant la période de non praticabilité qui peut durer des semaines, voire des mois.
Premier spot, l’eau est rougeâtre rappelant vaguement la « purge » de Printemps qui développe les planctons avec ses premiers soleils …
Changement de spot, l’eau est plus claire (un petit 3 m de visibilité), assez chaude pour la période (16°C) et le coin joli, quelques belles pierres posées sur une dizaine de mètres de fond.. Première apnée, … premier bar (1,5 kg) à l’agachon au milieu d’un banc.
Pierre en tape un dépassant les 3 kg quelques mètres plus loin, à trou.
Nous poursuivons les investigations une bonne heure sans succès. Changement de coin.
La zone ne semble pas aussi riche que la semaine dernière lorsque la visibilité était quasi nulle. Après de nombreuses apnées, un banc de jolis poissons se décide à me rendre visite. Ils sont très calmes et tournent autour de ma flèche, un bar de 3 kg paiera les frais de cette curiosité.
L’heure de l’étale approche, nous grimpons sur le bateau pour rejoindre une épave au large en espérant l’eau plus claire. Changement de décor. Le fond est maintenant 23 m plus bas. L’eau est plus claire (un petit 5 m de visi). Parfois ces épaves peuvent être gavées, parfois non.
L’épave balisée, j’entame mon canard, vers 15 m de fond, je discerne la tôle, je suis exactement où il faut, coup de chance. Je me pose. Tirer un poisson qui nage avant de raguer, c’est l’idéal. Mais à part quelques gros tacauds et autres vieilles, c’est le grand calme. J’amorce une petite coulée vers la meilleure cale, ce n’est pas la folie là-dedans, un gros pépère se décide tout de même à pointer son nez. Pan ! Dans l’ouïe.
Je remonte en déroulant un peu le moulinet, il me parait bien tiré. Quelques mètres avant de percer la surface, plus rien … quel con ! J’étais persuadé de le ramener celui-là pourtant … J’appelle Pierre qui vient me chercher en bateau, je lui raconte mes mésaventures en rembobinant mon moulinet.
« Tiens regarde, il est là-bas ! » en effet, quelques mètres derrière le bateau mon pépère gigote à peine le ventre en l’air, il fait ses 4 kilos bien tassés. De peur de le perdre, nous approchons doucement vers lui en bateau, le fusil armé au premier cran, avec toutes les précautions possibles … Le doublé se fait sans soucis. J’inspecte l’ardillon et le trou, … bizarre ce décrochage…
Quelques apnées plus tard, il faut se rendre à l’évidence, l’épave est quasiment désertée par les bars aujourd’hui.
Nous remontons rapidement sur le bateau pour essayer d’en faire une autre à quelques milles de là avant que le courant ne reprenne. La bouée est mouillée, le courant de montante a légèrement repris, je fais 4 descentes, …4 fois sur le sable … à 23 m à agachonner au milieu d’un nuage de tacauds d’une incroyable densité, je suis obligé de leur donner des coups de flèche pour qu’une fenêtre s’ouvre.
Plus malin, pendant ce temps là, Pierre longe le fil de la bouée et atterrit sur l’épave où il tape un bar d’un kilo et demie.
La luminosité baisse, le courant pousse, la prudence nous invite à plier les gaules
…
Journée d’automne très agréable avec le sentiment de n’être jamais tombé dans « le paquet », mais le plaisir d’avoir pêché régulièrement de jolis poissons. En rentrant, quelques Figolu,
de l’eau et quelques clichés avec le coucher de soleil en arrière plan.
Les photos prises de nuit avec le caisson donne un rendu surprenant, car le flash (sans diffuseur) n’éclaire qu’une moitié de l’image.