CR du jeudi 21 mai 2009
Petit CR du jeudi 21 mai 2009
Jeudi, début d’après-midi, départ du Havre.
Gaston, Yves et moi-même sommes les hôtes de Pierre sur son bateau.
Nous faisons route, le soleil est radieux, l’ambiance est à la bonne humeur même si l’eau hésite encore entre un marron jaunasse et un rouge « floraison » …
Les gars du pays maîtrisent ces nuances « marron/vert ».
Pour moi, l’eau semble pourrie depuis le début et un pastis avec plus ou moins d’eau, ça reste un pastis …, mais pour eux, ça semble s’améliorer au fil des milles … Faisons leur confiance
Bonne pioche, c’est un 3/4 m qui nous accompagnera toute la journée idéal pour agachoner … Enfin quand le poisson nage…
L’eau n’est pas encore très chaude les différents capteurs oscillent entre 12 et 13°C … Pas mécontent d’avoir une seconde peau sur-mesure en 7 mm (promis dans la semaine, je vous fais un rapport sur ma nouvelle Forza tre)…
Quelques crabes pris de-ci de-là, un beau bar aperçu par Gaston, de jolies vielles qui nagent mais il faut admettre que malgré la jolie structure, le bar semble aux abonnés absents.
Le bilan de l’étale est très maigre, nous entamons une dérive, un pilote à bord et enchaînons les apnées en quête de vie …
Lors d’une apnée, un banc de lieus vient me rendre visite. Souvent de petite taille dans la région (300 à 600 g), ces derniers semblent un peu plus costauds. Premier tir de la journée … comme souvent, c’est en surface lorsque le poisson est pris en mains que les doutes provoqués par l'eau sale se dissipent, il fait 1 kg et il n’était pas seul de ce calibre dans ce banc, ça vaut le coup d’insister un peu.
Je jette un coup d’œil en surface et avertis Pierre de cette présence. Pendant une petite demi-heure, nous pousserons un peu les agachons (c’est relatif …) pour essayer de tirer les plus gros (ça aussi, c’est relatif …) du banc qui, un peu plus expérimentés que leurs jeunes congénères, restent en arrière du banc.
6 lieus entre 800 g et 1 kilo feront les frais de ce petit jeu de cache-cache …
A peine montés sur le bateau, les sujets de conversation se dirigent vers la cuisine … La chasse, ce n’est pas seulement la recherche du « trophée », c’est aussi se nourrir soi-même de la nature. Recherche ancestrale … Et tant qu’à faire autant que cette nourriture soit bonne :
« ça, en filet avec un peu de beurre … c’est un régal ! Mes enfant en raffolent … »
« Moi, ce n’est pas le poisson que je préfère pêcher, mais dans mon assiette, c’est mon préféré … Je ne tire pas les filets, quand ils font cette taille, juste farinés et à la poêle ! Le secret, c’est la cuisson, le lieu ne supporte pas d’être trop cuit … »
« Bon les filles, quand vous aurez fini la rubrique cuisine de femme actuelle, on pourra retourner à la flotte ! »
C’est reparti pour une dérive qui, comme les précédente, est peu fructueuse …
Moins vaillant que d’habitude, je suis terrassé par un mal de crâne qui s’estompe quand je monte sur le bateau et redémarre dès les premières apnées.
Changement de décor et nouvelle dérive. C’est Pierre qui est de surveillance sur le bateau … Mauvaise pioche … il nous fait de grands gestes suffisamment explicites pour que nous comprenions que le sondeur semble détecter quelques « échos » … 3 canards, 3 apnées … 3 bars …
Au fond, le spectacle fut éphémère mais magnifique : pas de relief, un tapis de galets et un mur de petits bars à peine maillés au milieu desquels quelques jolis pépères excités semblent jouer les surveillants de cette marmaille.
Pas un geste, profiter du spectacle et attendre qu’un gros passe devant le viseur, schling ! Un 2,5 kg au bout de la flèche. Tuer, accrocher, redescendre … le courant aidant, le spectacle est terminé, circulez, y’a rien à voir !
La journée se termine sur ces belles images avec un bilan mitigé et le sentiment que la saison n’est pas en avance cette année … Mais je me demande si l’année dernière nous ne disions pas la même chose … et l’année précédente aussi je crois, et puis celle d’avant aussi …