Tout est bien qui finit bien ...

Publié le par Polosub

La sortie qui suit s'est déroulée dans un coin confié par un ami, par conséquent motus .... Un indice néanmoins, c'est en France !

Départ à la planche sur ce "nouveau" spot donc, l'eau est trouble (1 m 50 à 2 m de visi au maximum), la mer est belle et le soleil radieux.

Dès les premières apnées, il semble y avoir de la vie, les petits bars et mulets nagent. Je les laisse passer en espérant mieux. La structure est magnifique, mais les trous sont désespérément vides.

 

Je file vers le large, mais toujours le même constat. Après 2 h dans l’eau, je commence à regretter de ne pas avoir tirer les quelques bars rencontrés au début.

 

Après avoir visité les secs évidents, je m’enlargue pour une dérive au milieu de rien. Sable et quelques roches sur une dizaine de mètres (deuxième indice …).

 

Au hasard d’une apnée, je tombe sur ce qui semble être une belle structure (difficile d’avoir une vision globale avec cette visi … Je mouille sur cette roche parcourue par un petit courant). Quelques apnées, effectivement, ça sent bon …

 

Sur la troisième apnée, je trouve une faille verticale et sombre. En dessous, c’est creux et ça circule … Je vois des dos gris caractéristiques passer d’une pierre à l’autre … Une grosse tête passe sous le 75 … Bling ! touché, mais pas tué … Le bar assez gros se débat et se coince dans la faille, j’essaie de l’en extraire sans réussite. Je suis obligé de remonter et de laisser le fusil au fond. En remontant, j’essaie de coincer le gun pour que le bar ne parte pas avec. Mes moulinets sont sur mon 90 et mon 100, mais pas sur mon 75 … Et comme un benêt, je n’ai pas pris de bobino (alors que je rabache à qui veut l’entendre que c’est indispensable dans l’eau sale …)

 

Un coup d’œil vers ma planche pour me localiser (évidemment, le premier caillou hors de l’eau est à 500 m et la côte est uniforme …), elle est à une trentaine de mètres, un peu loin pour avoir un repère précis.

 

En surface, je me ventile au plus vite et redescends, je retrouve mon fusil, le décoince, rentre dans la faille saisis la flèche, j’y suis presque, mais ça coince toujours et je suis en bout d’apnée …

 

Je remonte, mais cette fois ci, j’ai débloqué le fusil, pas bon tout ça … il me faut un peu plus de temps pour me préparer, je redescends dans le vert, impossible de localiser exactement l’endroit … 5 apnées sans revoir mon fusil, mais en tombant 2 fois sur des bars …

 

Retour en surface, petit bilan de la situation, ton fusil est quelque part au fond, vraisemblablement avec la flèche dans la tête d’un poisson de 4 kg tu es en surface sans fusil et quelques bars te narguent, il y a 2 m de visi, 10 m de fond, un poil de jus et au fond, tout se ressemble … Chouette tout ça !

 

Surtout rester calme, enfin essayer … Tant qu’à faire des apnées, autant prendre un autre fusil, direction la planche pour saisir le 90 … Je me resitue dans la zone où je suppose être mon 75 et je chasse … au 90 à trou dans 2 m de visi, du grand n’importe quoi … je vois 2 à 3 bars se moquer de mon manque de maniabilité dans ce labyrinthe dans lequel habitent aussi quelques araignées, de très nombreuses étrilles et au moins un joli homard …

 

Une faille renifle bon les écailles, j’essaie de soigner la technique, le fusil en arrière avec mes bras de 30 cm, ce n’est pas évident, j’agachonne à contre-jour vers ce dédale de boyaux. Une tronche vient juste dans l’axe de ma flèche .. PAN dans la tête … Il doit bien faire ses 5 kg … (sur la balance, 4,8 kg vidé ), bon, ça c’est fait …




Tentative d'autoportrait sous-marin ...
 

Cette fois, la zone semble bien calme 1 h que je suis sur ce petit plateau et un poisson qui doit se balader avec une flèche Seatec dans le crâne, pas étonnant …

 

J’ai fait le deuil de mon 75.

 

Je me résous à tirer un bar d’1,5 kg à l’agachon pour les repas à 4 en famille … Allez, une tite dernière, je suis sûr que c’était par là … J’avance dans le vert … Miracle, mon rotofil jaune qui sort d’un trou … j’y vais en force pour au moins sauver le fusil, je prends la flèche à pleine main et je tire l’ensemble en force, convaincu que soit le poisson est parti soit il est mort … Ni l’un ni l’autre, il est encore là, mais arrivé en surface il se débat comme un diable … La flèche est rentrée sur le côté de la tête et lui a transpercé la joue.

 

Retour à la planche pour accrocher le bestiau (il fait bien ses 4 kg, un peu plus même …), les affaires s’arrangent …

 

Je dégrappine la planche et je pars dans le jus, quelques bars circulent autour des pierres isolées. Pas la peine de s’acharner, je pense à la falaise qu’il va falloir remonter (3ème indice …) avec la planche sur le dos, le GPS, les fusils, l’appareil photo, les plombs, et …le poisson …

 

Un dernier « gros » (3kg) pour compléter le barbec de fin d’année du lycée … (vivement la notation au mérite …) et un petiot pour la famille (1,2 kg) et quelques belles images de poissons qui nagent mais plus de gros poissons.

 

Je rentre tranquille et rencontre un kayakiste qui pêche au leurre et qui m’accoste, on discute 3 minutes, il me fait 2, 3 photos et je poursuis ma route en arrivant exténué au parking après 2 allers-retours dont un sous le cagnard (4ème indice) en combi 7 mm lisse extérieur …



 

Un coin magnifique et rare pour au moins 2 raisons : il est préservé grâce à la visibilité exécrable au moins 330 jours par an (donc n’y allez pas !) et il est très peu fréquenté, pourvu que ça dure  …

Petit commentaire pour ceux qui passeraient par ici par hasard : dans cet article, la pêche sous-marine parait assez facile, et les photos peuvent choquer un public non averti ....

Pour rappel, la chasse sous marine se pratique uniquement en apnée en France et elle constitue la pêche la plus sélective. En effet, c’est la seule qui permet de visualiser sa proie avant d’en faire une prise (ou d’essayer plus exactement …). La portée d’une arbalète de pêche sous marine est à peu près de 3 m et son maniement sous l’eau est loin d’être aisé.

Cet article n’est qu’un résumé d’un jour et ne fait apparaitre ni la centaine d’apnées nécessaire, ni les dizaines de sorties infructueuses qui ont précédés et qui succèderont.

Ce type de pêche est extrêmement rare (ce qui justifie cet article) et elle est le résultat d’un grand nombre de facteurs favorables rarement réunis.



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Publié dans C.R.

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B
<br /> Bonjour,<br /> Je passais ici par hasard et j'ai beaucoup apprécié le petit commentaire en fin d'article.Il devrait être systématiquement repris(en ajoutant si je puis me permettre les dimensions "bio/pêche<br /> éco./pouvoir d'achat"qui sont dans l'air du temps).Pour le coin secret,qu'il le reste,c'est très bien ainsi!<br /> Bonne journée!<br /> Franck<br /> <br /> <br />
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C
<br /> moi je connais qu'un seul endroit où la visi est mauvaise durant 330 jours par ans et sur lequel il ne faut jamais oublier son moulinet sans parler de la falaise pour remonter, c'est le gris nez<br /> dans le pas de calais.<br /> Bel article et blog sympa.<br /> <br /> <br />
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S
"bon, ça c'est fait" : ce style ne m'est pas inconnu.<br /> Beau résumé de la journée, j'étais en apnée en le lisant. Belles prises, mon barbecue est prêt.
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F
Super CR Erwan, merci! Sinon, acceptes-tu l'argent pour dévoiler le spot? Ou une rolex achetée à Babes, ou je sais pas moi, le boudin crevé de ma dive?
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P
Belle pêche Wanou !<br /> Ca va être un barbeuc d'enfer !<br /> Que j'eusse aimé t'accompagner pour cette sortie dans ce "secret spot"...<br /> "330 jours d'eau sale" c'est ça ouais ! Ca pue l'intox :-))<br /> ++
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