Vous prendrez bien encore un peu de purée ...
Vous reprendrez bien un peu de purée …
Jeudi 24 septembre, 5 h 30, le réveil sonne. Le matériel est déjà dans la voiture, un yaourt à boire, une compote et quelques gâteaux rapidement embarqués serviront de petit dej’.
3 h plus tard, arrivé sur la côte normande pour retrouver l’ami Pierre et son bateau. Les prévisions sont plutôt favorables et une fenêtre météo s’ouvre enfin, laissant espérer une visibilité convenable.
10 minutes de bateau, mon pilote local regarde avec circonspection la couleur de l’eau. Je me refuse à interpréter une quelconque couleur de l’eau dans ce coin tellement les nuances vertes, bleues voire blanches sont subtiles pour déduire la clarté de l’eau. Première apnée dans 5 m d’eau. Il y a 1 m 20 de visi à tout casser … J’avance à tâtons au fond, enchaîne3/4 apnées avant de ramener un dormeur.
Nous décidons d’aller voir ailleurs pour trouver un peu plus de visi.
Une dizaine de milles plus tard … Même constat, c’est de la purée. Un tour au large, je descends vers un fond situé à 20 m, mais vers 15 m, je fais demi-tour dans le noir total …
Retour au bord dans des fonds de 10 m, c’est d’un glauque ... La visibilité excède à peine 1 m … et quand je dis 1 m, c’est en partant de l’œil … C'est-à-dire que le bras presque tendu (50 cm), le 75 cm dans l’alignement, je ne vois pas distinctement mon ardillon … (flèche d’1 m).
Autant dire que c’est cuit pour aujourd’hui, la navigation à la recherche d'une poche d'eau claire est infructueuse. Retour au port le moral en berne. Déjà quand c’est en face de chez soi, ce n’est pas agréable, mais quand on fait 500 bornes dans sa journée … Là, ça devient carrément contrariant.
« Tu veux faire un passage, là, il y a parfois des bars, mais bon, vue la couleur, la visi est comme ailleurs … »
« De toutes façons, équipé, pour équipé, allons-y … »
Première apnée dans le petit jus et toujours dans le brouillard, c’est à l’oreille que j’entends que je viens de percer un banc de bars … ça vaut le coup de s’appliquer au fond. Je me pose, j’attends. Pas longtemps. Des éclairs passent à droite, à gauche, devant. Ils sont là, mais impossible à tirer, vue la visi.
Retour en surface, il va falloir adapter la technique. Le fusil en retrait, la pointe dépassant à peine le visage, j’attends. En décollant en fin d’apnée, je les entends encore, ils étaient là, derrière moi, surement.
La dérive continue sur plusieurs dizaines de mètres. Nouvelle apnée, je les aperçois encore sans pouvoir tirer. Ils ne sont pas monstrueux, mais ils iraient bien sur mon barbec’. C’est énervant, mais ça m’excite. J’ai dépassé la bonne zone, je ne les vois plus. Je remonte sur le bateau, je décris la situation à Pierre, deuxième passage.
Essayer de se concentrer davantage, regarder dans l’axe de la flèche et tenter des tirs. Voilà les consignes que je me fixe.
2ème passage, un tir … zéro poisson …bars aperçus 3 fois sur 5 apnées. Grrrr …
Même joueur joue encore …
3ème passage : Bien calé au fond, le regard dans l’axe de la flèche, concentré, le doigt appuie déjà sur la détente … Je cherche des ombres en contre-jours. Bing ! La flèche est partie, un éclair blanc, je tir sur le fil sans savoir ce qu’il y a au bout … ça bouge … Premier bar de la journée, 1 kilo 3 à vue d’œil, à l’accroche poisson.
Nouveau canard. L’eau est toujours aussi verte, je me case comme je peux au fond, même technique, un œil apparait puis disparait je tire au jugé dans le brouillard, et de 2 ! Même gabarit.
Après plusieurs passages, plusieurs loupés, 4 bars (dont 2 poissons tirés alors que je ne les voyait plus ...) dans la caisse en polystyrène trouvée en dérive. Un joli de 3 kg et 3 sensiblement du même calibre. Vues les conditions de visbilité excécrables, ce n'est pas si mal ...
Chasser dans l’eau pourrie, quand elle est froide et qu’il n’y a rien c’est insupportable ! Quand l’eau n’est pas trop froide (16/17°C) et surtout quand il y a de la vie, ça peut être drôle …
Sur la photo; on peut apprécier la qualité des tirs ...